Avez-vous déjà lu le petit prince, d’Antoine de Saint Exupéry ? Peut-être que oui, mais l’avez-vous lu en poitevin saintongeais ? Nicolas Martin-Minaret, linguiste, est en effet l’auteur de cette traduction, qui s’inscrit dans la continuité de ses efforts pour mieux faire connaître nos langues locales et particulièrement celle de sa région. Mais comme nous allons le voir, il n’est pas le seul à attacher de l’importance au patrimoine linguistique et culturel de sa région, et ne s’est d’ailleurs pas arrêté à une traduction.

C’est à travers une lettre ouverte adressée en décembre 2020 à Léonore Moncond’huy, maire de Poitiers, que Nicolas Martin-Minaret a tenu à sensibiliser la maire à l’importance de conserver cet héritage linguistique et culturel propre au Poitou depuis longtemps. En effet, il attache une importance considérable au fait de ne pas laisser tomber en désuétude cette langue qui fait écho pour lui à tout l’héritage de la version de la langue d’oc parlée jadis  dans les alentours de Poitiers. Mais à quoi peut bien nous avancer d’ajouter un second panneau “Poetaè” en plus de celui bien connu de Poitiers ? Cet acte serait avant tout symbolique et pourrait témoigner d’un engagement des élus locaux pour une mise en avant de l’héritage linguistique. Mais c’est aussi dans un intérêt d’éviter à Poitiers de s’enfermer dans une identité de “simple ville de province”. Pour Nicolas Martin-Minaret, il est même essentiel au développement de la cité pictavienne de ne pas oublier cet héritage linguistique, historique et culturel. On peut cependant rappeler que chacun est libre d’attribuer au développement de la ville un lien plus ou moins étroit avec la conservation de ce type dea patrimoine !

L’auteur de cette lettre n’est néanmoins pas le seul à avoir mis en avant les particularités linguistiques de sa région. En effet, on a vu plusieurs chercheur.euse.s du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) se concentrer sur une certaine région de France et sa spécificité linguistique, ce que l’on appelle le “croissant”. En effet, cette zone allant de l’est de la Charente au Puy-de-Dôme et à l’Allier, en passant par le nord du Limousin, a la particularité de posséder une diversité de langues à la frontière des héritages entre les langues d’oïl et d’oc. C’est donc sous l’appellation de “parlers du Croissant” que l’on regroupe ces dialectes locaux, l’idée derrière ces recherches est de tenter d’établir des points communs entre les expressions de ces différentes zones, voire même une grammaire commune à toutes ces pratiques linguistiques, et c’est dans un objectif de conservation que ces travaux tendent à standardiser la pratique. C’est avec la collaboration de nombreuses associations de locuteurs que des spécialistes tels que Maximilien Guérin ont exploré la question de la standardisation et revitalisation linguistique de la zone. A cet effet s’est même tenu en mars dernier dans la ville du Dorat, en Haute-Vienne un colloque sur les parlers du croissant.

Toutes ces initiatives peuvent inspirer d’autres zones dont la langue locale est encore mise de côté, comme le font déjà des régions comme la Bretagne, l’Alsace, ou l’Occitanie. Qu’elle soit plus récente ou déjà mise en place depuis longtemps, la volonté de remise en valeur de la culture linguistique se fait de plus en plus sentir !

Rédaction, photos : Arthur B
#Langues #local #culture #linguistique #régions #limousin #CNRS #Poitiers #patois #languedoc #patrimoine #recherche #renouveau

Please rate this

Catégories : Actualités

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *